Illustration à l’aquarelle d’un enfant vu de dos, la main sur le menton, assis devant un cahier ouvert dans une salle de classe, avec d’autres élèves au fond et des affichages de classement. Titre : « Comparer son enfant aux autres ».

Comparer son enfant aux autres : pourquoi cela peut nuire à ses apprentissages ?

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« Regarde ton frère, à ton âge, il avait de bien meilleures notes. »

« Ta cousine réussit très bien à l’école. Pourquoi pas toi ? »

« Tous tes camarades ont terminé leurs devoirs, et toi, tu es encore dessus ! »

Ces phrases sont parfois prononcées sans mauvaise intention. Les parents souhaitent généralement encourager leur enfant à travailler davantage, à devenir plus autonome ou à améliorer ses résultats scolaires.

Pourtant, comparer régulièrement un enfant à ses frères et sœurs, à ses cousins ou à ses camarades peut produire un effet différent de celui recherché.

Au lieu de l’aider à comprendre ses difficultés, ces remarques peuvent détourner son attention de ce qu’il doit réellement apprendre.

Chaque enfant possède des acquis, un tempérament, des besoins et un parcours scolaire qui lui sont propres. Deux enfants du même âge, même lorsqu’ils grandissent dans la même famille, ne rencontrent pas nécessairement les mêmes difficultés.

Alors, comment accompagner votre enfant dans sa progression sans le comparer constamment aux autres ?

1. Pourquoi deux enfants du même âge ne progressent-ils pas de la même manière ?

Dans une même classe, tous les élèves suivent généralement un programme commun. Pourtant, ils ne maîtrisent pas toujours les notions au même moment ni avec la même facilité.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces différences.

Les connaissances déjà acquises

En mathématiques, un élève qui maîtrise les fractions abordera plus facilement certains exercices de calcul littéral qu’un camarade qui rencontre encore des difficultés avec ces notions.

Le second n’a pas nécessairement moins travaillé. Il peut simplement avoir besoin de reprendre des bases indispensables pour comprendre la suite du programme.

Les méthodes de travail

Certains enfants savent déjà organiser leurs révisions, identifier les informations importantes et vérifier ce qu’ils ont retenu.

D’autres ont encore besoin d’être accompagnés pour acquérir ces habitudes.

Cela ne signifie pas que l’un possède davantage de capacités que l’autre. L’organisation et les méthodes de travail sont des compétences qui s’apprennent et se développent progressivement.

Le tempérament et la manière d’aborder les difficultés

Face à un exercice complexe, certains élèves commencent immédiatement à chercher une solution.

D’autres préfèrent observer un exemple, relire la consigne ou demander une explication supplémentaire avant de se lancer.

Ces comportements peuvent varier selon la matière, la fatigue ou les difficultés rencontrées.

Il faut donc éviter d’enfermer un enfant dans une description définitive, comme « il est lent », « il n’est pas scolaire » ou « il n’est pas fait pour les mathématiques ».

Le parcours scolaire

Un changement d’établissement, des absences répétées ou des notions insuffisamment comprises peuvent également influencer les apprentissages.

Deux enfants élevés dans la même famille ne vivent pas nécessairement les mêmes expériences scolaires.

Avoir le même âge ou les mêmes parents ne signifie pas avoir exactement les mêmes besoins pédagogiques.

2. Quand la comparaison devient-elle préjudiciable ?

Toutes les comparaisons ne sont pas nécessairement inutiles.

Observer la méthode de travail d’un camarade ou comprendre les attentes scolaires peut aider un élève à améliorer sa propre organisation.

Le problème apparaît surtout lorsque la comparaison devient répétitive, dévalorisante ou qu’elle conduit à juger l’enfant plutôt que son travail.

Lorsqu’elle remplace une véritable explication

Imaginez qu’un élève obtienne 8 sur 20 à une évaluation de mathématiques.

Lui dire « Ton frère avait toujours de meilleures notes » ne lui apprend rien sur les erreurs qu’il a commises.

A-t-il mal compris les consignes ? Ne maîtrise-t-il pas certaines propriétés ? A-t-il manqué de temps ?

Pour progresser, il a besoin de réponses à ces questions, pas d’un rappel des résultats de son frère.

Lorsqu’elle installe une concurrence dans la famille

Dans certaines familles, les résultats scolaires deviennent un sujet de comparaison régulier.

L’un est présenté comme celui qui réussit facilement, l’autre comme celui qui doit toujours travailler davantage.

À force de répéter ces distinctions, les parents risquent d’attribuer à leurs enfants des rôles qui ne correspondent pas à l’ensemble de leurs capacités.

Un enfant qui réussit peut lui aussi subir des attentes excessives, tandis que celui qui rencontre des difficultés peut finir par considérer certains apprentissages comme inaccessibles.

Lorsqu’elle empêche l’enfant de parler de ses difficultés

Un enfant régulièrement comparé à un membre de sa famille ou à un camarade peut hésiter à montrer une mauvaise note ou à expliquer qu’il n’a pas compris.

Or, identifier une difficulté est une étape indispensable pour pouvoir la travailler.

Un enfant doit pouvoir parler de ses erreurs sans que celles-ci deviennent systématiquement un sujet de comparaison.

3. Que disent les recherches sur les différences de traitement entre frères et sœurs ?

Les perceptions des parents et les différences de traitement au sein des fratries ont fait l’objet de plusieurs études scientifiques.

Les perceptions parentales et les résultats scolaires

Une étude publiée en 2015 par Alexander Jensen et Susan McHale dans le Journal of Family Psychology a suivi 388 familles américaines pendant trois années.

Les chercheurs se sont notamment intéressés à la façon dont les parents percevaient les capacités scolaires respectives de leurs enfants.

Les résultats ont montré une association entre ces perceptions et les différences de résultats scolaires observées l’année suivante, même après la prise en compte de certains résultats antérieurs.

Cette étude suggère que la manière dont les parents évaluent les capacités de leurs enfants peut être liée à leur évolution scolaire.

Il faut toutefois rester prudent dans l’interprétation de ces résultats.

L’étude porte sur un échantillon particulier de familles américaines. Les relations observées sont corrélationnelles et ne permettent pas de conclure qu’une perception parentale provoque directement une amélioration ou une baisse des résultats scolaires.

Elle ne démontre pas non plus les conséquences précises de chaque remarque comparative prononcée à la maison.

Les différences de traitement au sein des fratries

Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Child Development a regroupé des données concernant plus de 26 000 enfants et adolescents.

Elle a mis en évidence une association entre certaines différences de traitement parental au sein des fratries et des difficultés comportementales ou émotionnelles.

Là encore, ces résultats ne signifient pas que toutes les différences de traitement sont nuisibles.

Les chercheurs étudient des situations plus larges que de simples comparaisons de notes, et les associations constatées ne permettent pas d’établir une causalité automatique.

Ces travaux invitent néanmoins à être attentif à la manière dont les enfants sont considérés et accompagnés au sein d’une même famille.

L’objectif n’est pas de traiter tous les enfants de façon strictement identique, mais de tenir compte de leurs besoins sans établir de hiérarchie entre eux.

4. Comment remplacer les comparaisons par des conseils utiles ?

Les parents peuvent conserver des attentes scolaires exigeantes sans comparer leurs enfants entre eux.

Le changement consiste surtout à parler du travail réalisé, des difficultés identifiées et des prochaines étapes.

Au lieu de comparer les notes

Évitez :

« Ta cousine a eu 17 en mathématiques. Tu pourrais faire pareil. »

Préférez :

« Regardons ensemble ton contrôle. Quelles questions as-tu réussies ? Sur lesquelles as-tu rencontré des difficultés ? »

Cette seconde approche permet d’identifier précisément ce qui doit être retravaillé.

Au lieu de comparer la rapidité

Évitez :

« Ton frère terminait ses devoirs beaucoup plus vite que toi. »

Préférez :

« Qu’est-ce qui te prend le plus de temps dans cet exercice ? Est-ce la lecture de la consigne ou la méthode de calcul ? »

Un temps de travail élevé peut avoir différentes explications.

Il est plus utile d’en rechercher la cause que de demander simplement à l’enfant d’aller plus vite.

Si les devoirs prennent régulièrement beaucoup de temps, vous pouvez également consulter notre article :

Comment aider son enfant à faire ses devoirs sans les faire à sa place ?

Au lieu de comparer les capacités

Évitez :

« Ta sœur a toujours été meilleure en français. »

Préférez :

« Tu arrives à construire des phrases correctes, mais les accords restent difficiles. Nous allons reprendre cette règle et nous entraîner. »

L’enfant reçoit alors une information précise sur ses acquis et sur le travail à effectuer.

Au lieu de comparer l’organisation

Évitez :

« Tes camarades savent tous s’organiser, sauf toi. »

Préférez :

« Tu as trois devoirs à préparer. Commençons par regarder les dates et décidons de l’ordre dans lequel tu vas les faire. »

L’organisation scolaire s’apprend progressivement. Elle nécessite parfois un accompagnement explicite, notamment au collège.

Pourquoi ces formulations sont-elles préférables ?

Ces principes rejoignent les conclusions de l’Education Endowment Foundation : en contexte scolaire, les retours les plus efficaces portent sur la tâche, les connaissances et les stratégies de travail et indiquent précisément comment progresser, tandis que ceux qui portent sur la personne sont généralement les moins efficaces.

Il s’agit ici de recherches sur les retours pédagogiques, principalement en milieu scolaire. Leur application aux échanges familiaux constitue un conseil pédagogique cohérent avec ces résultats, et non la preuve que chaque formulation parentale produira un effet déterminé.

5. Comment suivre les progrès de votre enfant sans le comparer aux autres ?

L’une des approches les plus utiles consiste à observer les progrès de votre enfant par rapport à ses propres acquis.

Cela ne signifie pas ignorer les attentes du programme scolaire.

Il s’agit de distinguer deux questions :

Quel niveau doit-il atteindre ?

Qu’a-t-il déjà appris et que lui reste-t-il à maîtriser pour y parvenir ?

Ces deux questions sont complémentaires.

Observer des compétences précises

Un élève de cinquième qui rencontre des difficultés avec les fractions peut commencer par revoir les notions nécessaires, puis apprendre à effectuer les calculs attendus à son niveau.

Au fil du travail, vous pouvez vérifier ce qu’il parvient désormais à faire seul.

Ces observations apportent davantage d’informations sur ses apprentissages que la comparaison de sa rapidité avec celle d’un camarade.

Définir des objectifs mesurables

Un objectif comme « devenir meilleur en mathématiques » reste trop général.

En revanche, « savoir additionner deux fractions de dénominateurs différents sans consulter la correction » permet de vérifier un apprentissage précis.

Une fois cet objectif atteint, vous pouvez en définir un nouveau.

Faire remarquer les progrès réellement accomplis

Plutôt que de commenter uniquement la note, prenez le temps de relever les compétences acquises.

Par exemple :

« La semaine dernière, tu avais besoin de regarder un exemple pour résoudre ces équations. Aujourd’hui, tu as réussi à appliquer la méthode seul. »

Cette remarque permet à l’enfant d’identifier ce qu’il maîtrise désormais et ce qu’il doit encore travailler.

L’important est de lui donner des repères concrets sur sa progression, sans renoncer aux exigences scolaires.

6. Comment réagir lorsque les comparaisons viennent des proches ou de l’enfant lui-même ?

Les comparaisons ne viennent pas toujours des parents.

Elles peuvent apparaître lors de réunions familiales, entre cousins, dans la cour de récréation ou pendant les discussions entre camarades.

Lorsque les remarques viennent de la famille

Un proche peut demander :

« Combien as-tu eu de moyenne ? »

Puis ajouter :

« Ton cousin a obtenu une excellente moyenne cette année. »

Dans cette situation, il est possible de répondre simplement :

« Les deux enfants n’ont pas le même parcours scolaire. Nous suivons les progrès de chacun en fonction de ses besoins et des objectifs à atteindre. »

Il n’est pas nécessaire de communiquer systématiquement les notes de votre enfant à l’ensemble de la famille.

Un résultat scolaire peut être discuté avec l’enfant, ses parents et les enseignants concernés, sans devenir un sujet de conversation collectif.

Lorsque votre enfant se compare lui-même

Au collège et au lycée, les élèves observent naturellement les résultats de leurs camarades.

Votre enfant peut vous dire :

« Mon ami comprend toujours les mathématiques plus vite que moi. »

Ou encore :

« Je travaille beaucoup, mais ma cousine obtient de meilleures notes. »

Il n’est pas nécessaire de nier ce qu’il observe.

Vous pouvez plutôt lui demander :

« Quelle partie du cours te semble encore difficile ? »

« As-tu essayé de refaire l’exercice sans regarder la correction ? »

« Ton camarade utilise-t-il une méthode de travail qui pourrait aussi t’aider ? »

L’observation des autres peut être utile lorsqu’elle permet de découvrir une manière de travailler.

En revanche, elle apporte peu d’informations lorsqu’elle sert uniquement à établir un classement entre les enfants.

L’objectif est de ramener l’attention de votre enfant sur les connaissances à acquérir et les actions qu’il peut entreprendre.

7. Adapter les attentes sans diminuer les exigences scolaires

Éviter les comparaisons ne signifie pas laisser les difficultés scolaires sans réponse.

Un élève doit continuer à travailler les compétences prévues par les programmes, apprendre ses leçons et réaliser les exercices demandés.

Si des lacunes persistent, il est important de les identifier et de mettre en place un travail approprié.

Mais la réponse doit correspondre aux difficultés observées.

Un enfant qui ne maîtrise pas les tables de multiplication n’a pas besoin qu’on lui répète que son frère les connaissait au même âge.

Il a besoin d’une méthode d’apprentissage, d’exercices adaptés et d’une vérification régulière de ses acquis.

De la même manière, un lycéen qui rencontre des difficultés dans une spécialité peut avoir besoin de reprendre certaines connaissances antérieures ou de travailler sa méthode de résolution.

Pour approfondir les techniques de mémorisation et de révision, vous pouvez consulter notre article :

Comment apprendre une leçon efficacement sans la relire dix fois ?

Lorsque les difficultés persistent malgré le travail réalisé, un échange avec l’enseignant ou un accompagnement scolaire ciblé peut être utile.

L’exigence pédagogique consiste à aider un élève à atteindre les compétences attendues, et non à lui demander de reproduire le parcours d’un autre enfant.

Accompagner chaque enfant selon ses besoins

Chaque enfant arrive avec ses connaissances, ses habitudes de travail et parfois des difficultés qui nécessitent des explications supplémentaires.

Chez Taalim, nous proposons des cours particuliers individuels en ligne, notamment en renforcement scolaire, aide aux devoirs et coaching scolaire.

Les séances permettent de travailler sur les notions mal comprises, de proposer des exercices adaptés au niveau de l’élève et de suivre progressivement ses acquis.

Si vous souhaitez nous présenter les difficultés rencontrées par votre enfant, vous pouvez contacter Taalim pour vous renseigner sur les possibilités d’accompagnement.

En résumé

Chaque enfant possède son propre parcours scolaire. Les différences de rythme, de connaissances et de méthodes de travail doivent être prises en compte.

Les comparaisons répétées peuvent être préjudiciables. Elles risquent de détourner l’attention des véritables difficultés et d’installer une concurrence inutile entre les enfants.

Les progrès doivent être observés concrètement. Une compétence acquise, une erreur comprise ou un exercice réussi sans aide apportent des informations utiles sur les apprentissages.

Les objectifs scolaires restent importants. Éviter les comparaisons ne signifie pas renoncer aux exigences du programme.

L’accompagnement doit répondre aux besoins réels de l’enfant. C’est en identifiant ses acquis, ses difficultés et les méthodes de travail à améliorer que l’on peut organiser un suivi pertinent.

Un enfant n’a pas besoin de reproduire le parcours scolaire de son frère, de sa sœur ou de son camarade pour progresser. Il a besoin de comprendre ce qu’il doit apprendre et de disposer des moyens adaptés pour y parvenir.

Sources et références