Dossiers colorés PAP, PPS, PAI et PPRE posés sur un bureau, avec des bulles pour chaque dispositif autour des silhouettes d’un élève et de sa famille

PAP, PPS, PAI, PPRE : quels dispositifs pour accompagner votre enfant ?

Dernière mise à jour : 16 octobre 2026

« Mon enfant rencontre des difficultés à l’école. On m’a parlé d’un PAP, mais je ne sais pas exactement à quoi cela correspond. »

« Quelle est la différence entre un PAP et un PPS ? »

« Mon enfant est dyslexique. Faut-il obligatoirement faire un dossier auprès de la MDPH ? »

Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés scolaires ou présente des besoins éducatifs particuliers, les parents découvrent parfois plusieurs sigles : PAP, PPS, PAI et PPRE.

Derrière ces quatre appellations se trouvent des dispositifs différents. Certains permettent d’adapter les apprentissages, d’autres répondent à des difficultés scolaires, à des besoins de santé ou à une situation de handicap.

Il n’est pas toujours facile de comprendre à quoi ils servent, quelles démarches entreprendre et vers qui se tourner.

L’essentiel n’est pas de choisir un dispositif avant d’avoir identifié les besoins de votre enfant, mais de comprendre quelles mesures peuvent faciliter sa scolarité.

Voici les principales différences entre le PAP, le PPS, le PAI et le PPRE, avec des exemples concrets et les démarches à connaître.

Cet article concerne le système scolaire français. Les modalités peuvent différer dans certains établissements français à l’étranger.

1. PAP, PPS, PAI, PPRE : quelles sont les différences ?

Ces quatre dispositifs poursuivent des objectifs distincts.

DispositifÀ quoi sert-il ?
PAP — Plan d’accompagnement personnaliséAdapter les apprentissages pour un élève présentant des troubles durables des apprentissages.
PPS — Projet personnalisé de scolarisationOrganiser la scolarisation et les compensations nécessaires pour un élève en situation de handicap.
PAI — Projet d’accueil individualiséPrévoir les adaptations nécessaires lorsqu’un problème de santé affecte l’accueil de l’enfant.
PPRE — Programme personnalisé de réussite éducativeMettre en place des actions ciblées pour répondre à des difficultés scolaires identifiées.

Ces dispositifs ne constituent pas quatre niveaux successifs.

Un enfant n’a pas besoin d’avoir bénéficié d’un PPRE pour qu’un PAP puisse être envisagé. De même, le PAP n’est pas une étape obligatoire avant une demande de PPS.

Le dispositif adapté dépend des difficultés rencontrées, des besoins constatés et des conditions prévues par la réglementation.

2. Le PAP : pour les troubles durables des apprentissages

Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) concerne les élèves dont les difficultés scolaires durables résultent d’un ou de plusieurs troubles des apprentissages.

Il peut notamment être envisagé pour certains élèves présentant une dyslexie, une dysorthographie ou un trouble des apprentissages mathématiques.

Cependant, deux enfants présentant un même trouble ne rencontrent pas nécessairement les mêmes difficultés.

Les adaptations doivent donc être choisies en fonction des besoins de chaque élève.

Quels aménagements peut prévoir un PAP ?

Prenons l’exemple d’un collégien présentant des difficultés importantes pour lire et comprendre des consignes écrites.

Selon sa situation, l’équipe pédagogique peut notamment envisager :

  • Des documents présentés de manière plus lisible.
  • Des consignes découpées en plusieurs étapes.
  • Une réduction de certaines tâches de copie.
  • Des modalités de travail ou d’évaluation adaptées.
  • L’utilisation de supports pédagogiques appropriés.

Ces mesures ne sont pas accordées automatiquement à tous les élèves présentant un trouble DYS.

Elles doivent répondre à des besoins identifiés.

Le PAP ne vise pas à supprimer les connaissances à acquérir, mais à adapter certaines conditions d’apprentissage.

Comment demander un PAP ?

La demande peut être formulée par les parents ou proposée par l’équipe pédagogique.

Les parents peuvent commencer par échanger avec l’enseignant, le professeur principal ou la direction de l’établissement.

La procédure prévoit un avis du médecin de l’Éducation nationale, établi à partir des éléments médicaux et des bilans disponibles.

Le directeur d’école ou le chef d’établissement élabore ensuite le PAP avec l’équipe éducative, en associant la famille et les professionnels concernés.

Le plan est transmis à la famille afin de recueillir son accord.

Le PAP doit-il être renouvelé chaque année ?

L’article D311-13 du Code de l’éducation prévoit que le PAP est révisé tous les ans.

Cette révision permet de vérifier si les aménagements restent adaptés à la situation de l’élève.

Une attention particulière est également portée à la continuité des adaptations lors d’un changement d’établissement, notamment entre l’école et le collège ou entre le collège et le lycée.

À retenir : le PAP ne nécessite pas de décision de la MDPH. Il ne remplace toutefois pas un PPS lorsque des mesures de compensation relevant de la MDPH sont nécessaires.

3. Le PPS : pour les élèves en situation de handicap

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) concerne les élèves en situation de handicap dont la scolarité nécessite des mesures relevant d’une décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

Il précise les conditions de scolarisation et les aménagements ou compensations nécessaires.

Que peut prévoir un PPS ?

Selon les besoins de l’élève, le PPS peut notamment organiser :

  • Des aménagements pédagogiques.
  • L’utilisation de matériel pédagogique adapté.
  • Un accompagnement humain.
  • Des modalités particulières de scolarisation.
  • Une orientation scolaire adaptée.

Par exemple, un élève peut avoir besoin d’un ordinateur équipé d’outils spécifiques pour accéder aux activités scolaires.

Dans d’autres situations, l’accompagnement par un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) peut être envisagé.

Ces mesures dépendent de l’évaluation des besoins et des décisions prises par les autorités compétentes.

Un PPS ne donne donc pas automatiquement droit à un AESH ou à un équipement particulier.

Comment demander un PPS ?

Pour un enfant mineur, la demande est déposée par les parents ou le représentant légal auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Une équipe pluridisciplinaire évalue les besoins de l’enfant.

Elle s’appuie notamment sur les informations recueillies dans le cadre scolaire. Le document appelé GEVA-Sco permet de rassembler les observations concernant sa scolarisation.

La CDAPH prend ensuite les décisions relevant de sa compétence.

Le directeur d’école ou le chef d’établissement est responsable de la mise en œuvre du PPS.

L’enseignant référent assure le suivi du parcours de scolarisation et facilite les échanges entre la famille, l’établissement et les autres professionnels concernés.

Quelle différence entre PAP et PPS ?

Le PAP organise principalement des adaptations pédagogiques liées à des troubles des apprentissages.

Le PPS permet d’organiser les mesures de scolarisation et de compensation nécessaires à un élève en situation de handicap.

La différence ne repose donc pas uniquement sur le diagnostic, mais également sur les besoins de l’enfant et la nature des mesures nécessaires.

4. Le PAI : pour les besoins liés à la santé

Le projet d’accueil individualisé (PAI) concerne les enfants et adolescents dont l’état de santé nécessite des adaptations dans leur vie scolaire ou dans d’autres temps d’accueil collectif.

Il peut notamment être mis en place en présence d’une maladie chronique, d’une allergie ou d’une intolérance alimentaire.

Que peut prévoir un PAI ?

Prenons l’exemple d’un élève présentant une allergie alimentaire importante.

Son accueil à la cantine peut nécessiter des dispositions particulières.

Pour un enfant atteint d’une maladie chronique, il peut être nécessaire d’organiser la prise d’un traitement prescrit ou de prévoir un protocole à appliquer dans certaines situations.

Selon les besoins, le PAI peut également préciser des aménagements d’horaires ou des adaptations concernant certaines activités.

Comment est-il mis en place ?

Le PAI est élaboré à la demande de la famille ou du chef d’établissement, avec l’accord de la famille.

Il est établi en concertation avec le médecin scolaire ou les professionnels de santé compétents dans la structure d’accueil.

Les besoins thérapeutiques sont précisés à partir des prescriptions du médecin qui suit l’enfant.

Le document est ensuite communiqué aux personnes concernées par sa mise en œuvre.

Quelle est la durée d’un PAI ?

Sa durée dépend de la situation médicale de l’enfant.

Le PAI peut être reconduit d’une année sur l’autre.

Il peut également être modifié lorsque l’état de santé évolue ou en prévision d’un voyage ou d’une sortie scolaire.

Le PAI répond avant tout à des besoins de santé. Il ne doit pas être confondu avec un dispositif destiné uniquement à reprendre des difficultés scolaires.

5. Le PPRE : pour répondre à des difficultés scolaires identifiées

Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) est un plan d’actions pédagogiques destiné aux élèves rencontrant des difficultés susceptibles de compromettre l’acquisition de certaines connaissances et compétences scolaires.

Il est principalement utilisé à l’école primaire et au collège.

Contrairement au PAP, il ne nécessite pas qu’un trouble des apprentissages ait été identifié.

Un exemple concret

Un élève de sixième rencontre des difficultés régulières dans la résolution de problèmes mathématiques.

Il sait effectuer certaines opérations, mais peine à identifier les informations importantes d’un énoncé et à choisir la méthode appropriée.

L’équipe pédagogique peut mettre en place un PPRE comportant plusieurs objectifs :

  • Repérer les données utiles dans un énoncé.
  • Identifier l’opération nécessaire.
  • Organiser les différentes étapes de résolution.
  • Vérifier la cohérence d’un résultat.

Des activités adaptées sont prévues pendant une période déterminée.

À la fin de cette période, un bilan permet de vérifier les progrès réalisés.

Comment est-il mis en place ?

Le PPRE est élaboré par écrit par l’équipe pédagogique.

Il précise notamment les compétences à travailler, les objectifs recherchés, les actions prévues, les personnes impliquées et la durée du programme.

Il est présenté aux parents et à l’élève.

L’accord des parents n’est pas obligatoire pour mettre en place un PPRE.

En revanche, leur participation au plan d’actions peut faciliter sa mise en œuvre.

Que se passe-t-il à la fin du PPRE ?

L’équipe pédagogique réalise un bilan et le présente à la famille.

Selon les progrès constatés, le programme peut être interrompu ou prolongé.

En cas de prolongation, les objectifs et les actions peuvent être ajustés.

Le PPRE constitue donc une réponse pédagogique ciblée, qui évolue en fonction des besoins de l’élève.

6. Un enfant peut-il bénéficier de plusieurs dispositifs ?

Certaines situations nécessitent plusieurs types d’adaptations.

Un élève peut, par exemple, présenter un trouble des apprentissages nécessitant des adaptations pédagogiques et une allergie imposant des précautions particulières à l’école.

Un PAP et un PAI peuvent alors répondre à des besoins différents.

Cependant, les dispositifs ne doivent pas être cumulés systématiquement.

L’article D311-13 du Code de l’éducation précise notamment que le PAP se substitue à un éventuel PPRE lorsque ses conditions de mise en place sont réunies.

Et pour un enfant présentant un TDAH ?

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ne conduit pas automatiquement à un dispositif unique.

Les difficultés d’attention, d’organisation ou de réalisation des tâches doivent être examinées en fonction de leur retentissement sur la scolarité.

Selon la situation de l’élève, plusieurs réponses peuvent être envisagées.

Il est important de ne pas déterminer seul le dispositif approprié à partir du nom d’un diagnostic.

Pour mieux comprendre les adaptations pédagogiques possibles, vous pouvez consulter notre article :

Enfant DYS ou TDAH : comment mieux l’accompagner dans sa scolarité ?

7. Quelles démarches entreprendre lorsque votre enfant rencontre des difficultés ?

Lorsque des difficultés persistent, la première démarche consiste généralement à prendre contact avec l’établissement scolaire.

À l’école primaire, l’enseignant et la direction sont des interlocuteurs privilégiés.

Au collège ou au lycée, le professeur principal peut également aider à recueillir les observations des différents enseignants.

Décrire précisément les difficultés

Il est préférable d’expliquer les situations rencontrées plutôt que de demander immédiatement un dispositif particulier.

Par exemple :

« Mon enfant comprend les explications orales, mais rencontre des difficultés lorsqu’il doit lire des consignes longues. »

Ou encore :

« Il connaît les méthodes de calcul, mais se perd lorsqu’un problème comporte plusieurs étapes. »

Ces observations permettent d’identifier plus précisément les obstacles rencontrés.

Préparer un échange avec l’établissement

Vous pouvez réunir quelques travaux scolaires représentatifs, les remarques des enseignants et les bilans dont vous disposez.

Les documents médicaux doivent être transmis uniquement aux professionnels habilités, dans le respect de leur confidentialité.

Lors de l’entretien, plusieurs questions peuvent être utiles :

  • Quelles difficultés ont été observées en classe ?
  • Quelles adaptations pédagogiques sont déjà mises en place ?
  • Quels objectifs pourraient être fixés ?
  • Comment les progrès seront-ils évalués ?
  • Quels professionnels faut-il contacter si des besoins supplémentaires apparaissent ?

L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un document administratif.

Il s’agit surtout de mettre en place des mesures utiles, adaptées et régulièrement suivies.

8. PAP, PPS, PAI : qu’en est-il des aménagements aux examens ?

Lorsqu’un élève bénéficie d’adaptations pendant sa scolarité, les parents peuvent se demander si celles-ci seront également appliquées au Brevet ou au Baccalauréat.

Des aménagements d’examen peuvent être accordés lorsque la situation du candidat le justifie.

Ils peuvent notamment concerner le temps de composition, les conditions matérielles ou l’utilisation d’équipements adaptés.

Cependant, un PAP, un PPS ou un PAI ne donne pas automatiquement droit à tous les aménagements demandés.

Une demande doit être effectuée selon la procédure applicable.

Les modalités dépendent notamment de la situation scolaire du candidat. Les candidats individuels, également appelés candidats libres, relèvent de la procédure complète.

Il est donc important de se renseigner suffisamment tôt auprès de l’établissement scolaire ou du service académique chargé de l’examen.

Pour connaître les démarches détaillées, vous pouvez consulter la fiche officielle de Service-Public sur les aménagements d’examens.

9. Quel rôle peut jouer un accompagnement scolaire extérieur ?

Les dispositifs présentés dans cet article relèvent de l’organisation du système scolaire et, selon les situations, des autorités médicales ou administratives compétentes.

Un enseignant de soutien scolaire ne peut pas établir un diagnostic, attribuer un PAP, un PPS, un PAI ou un PPRE, ni décider des aménagements d’examen.

Son rôle demeure pédagogique.

Il peut cependant tenir compte des besoins de l’élève pour adapter ses explications, ses exercices et l’organisation du travail.

Par exemple, certains élèves peuvent bénéficier de consignes présentées par étapes, de documents plus lisibles ou d’un travail progressif sur les notions qui posent problème.

Ces adaptations ne doivent pas être appliquées de manière identique à tous les élèves présentant un même trouble.

Elles doivent correspondre aux difficultés réellement observées et aux compétences de l’enseignant.

Un accompagnement pédagogique complémentaire

Chez Taalim, nous proposons des cours particuliers individuels en ligne, notamment en renforcement scolaire, aide aux devoirs et coaching scolaire.

Lorsque votre enfant présente des besoins éducatifs particuliers, vous pouvez nous exposer ses difficultés afin de vous renseigner sur les possibilités d’adaptation pédagogique et de vérifier si l’accompagnement proposé correspond à sa situation.

Notre intervention reste pédagogique et ne remplace ni les décisions de l’établissement scolaire ni le suivi des professionnels de santé.

Contacter Taalim

En résumé

Le PAP formalise les adaptations pédagogiques destinées aux élèves présentant des troubles durables des apprentissages. Il est révisé chaque année.

Le PPS organise la scolarisation et les mesures de compensation nécessaires en situation de handicap, dans le cadre d’une démarche auprès de la MDPH.

Le PAI prévoit les adaptations nécessaires lorsque l’état de santé d’un enfant impose une organisation particulière.

Le PPRE met en place des actions pédagogiques ciblées pour répondre à des difficultés scolaires identifiées.

Ces dispositifs ne sont pas interchangeables et ne constituent pas des étapes obligatoires les uns avant les autres.

La priorité reste de comprendre les besoins de l’enfant, de choisir les adaptations appropriées avec les professionnels compétents et de suivre leur mise en œuvre tout au long de la scolarité.

Sources officielles

Informations vérifiées le 16 octobre 2026 à partir des pages officielles citées. Les dispositions et procédures pouvant évoluer, les familles sont invitées à consulter les informations en vigueur auprès des services compétents.