Votre enfant passe beaucoup de temps sur ses devoirs, mais ses résultats ne reflètent pas toujours ses efforts ? Il oublie régulièrement ses affaires, peine à terminer certains exercices ou se fatigue rapidement lorsqu’il doit lire et écrire ?
Ces difficultés peuvent avoir différentes origines. Lorsqu’un trouble DYS ou un TDAH est présent, elles méritent une attention particulière.
L’enjeu n’est pas de demander à l’enfant de travailler toujours plus, mais de comprendre ce qui le met en difficulté et de rechercher des adaptations adaptées à ses besoins.
Troubles DYS et TDAH : de quoi parle-t-on exactement ?
Les troubles DYS regroupent plusieurs troubles du neurodéveloppement pouvant affecter certains apprentissages ou certaines fonctions.
Parmi les plus connus :
- La dyslexie entraîne des difficultés durables dans l’apprentissage de la lecture.
- La dysorthographie concerne principalement l’acquisition et la maîtrise de l’orthographe.
- La dyscalculie affecte notamment l’apprentissage du nombre et du calcul.
- La dyspraxie, aujourd’hui souvent désignée sous le terme de trouble développemental de la coordination, touche la réalisation et la coordination de certains gestes.
- La dysphasie, également appelée trouble développemental du langage, affecte le développement du langage oral.
Le TDAH, ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un autre trouble du neurodéveloppement. Il peut entraîner des difficultés d’attention, d’organisation ou de contrôle de l’impulsivité.
Ces troubles peuvent être associés, mais ils ne se manifestent pas de la même façon chez tous les enfants.
Il faut également rappeler qu’un élève qui se déconcentre ou qui rencontre des difficultés en lecture ne présente pas nécessairement un TDAH ou un trouble DYS.
Seuls les professionnels de santé compétents peuvent établir un diagnostic.
Comprendre les difficultés avant de chercher des solutions
Prenons l’exemple d’un élève qui ne termine presque jamais ses exercices dans le temps prévu.
Il serait facile de penser qu’il travaille trop lentement ou qu’il ne fait pas suffisamment d’efforts.
Pourtant, plusieurs explications sont possibles.
L’élève peut avoir besoin de davantage de temps pour lire les consignes, rencontrer des difficultés d’écriture ou perdre le fil lorsque plusieurs tâches doivent être réalisées successivement.
Dans chacune de ces situations, la réponse pédagogique sera différente.
C’est pourquoi il est important de ne pas appliquer automatiquement les mêmes méthodes à tous les enfants.
À la maison : cinq adaptations à essayer
1. Donner des consignes simples et précises
Une consigne qui rassemble plusieurs actions peut être difficile à suivre.
Par exemple :
« Lis le texte, souligne les informations importantes, réponds aux questions et vérifie ton orthographe. »
Il peut être préférable de présenter ces actions séparément.
L’enfant commence par lire, puis repère les informations utiles avant de passer aux questions.
L’objectif n’est pas de simplifier le contenu à apprendre, mais de rendre les étapes du travail plus faciles à identifier.
2. Rendre le travail plus lisible
Certains élèves sont gênés par des documents trop chargés, des consignes peu espacées ou une quantité importante d’informations sur une même page.
Il peut être utile d’aérer les textes, de bien distinguer les exercices et de mettre en évidence les éléments essentiels.
Cependant, tous les élèves DYS n’ont pas besoin de supports identiques.
La police, la taille des caractères, l’espacement et l’organisation de la page doivent être choisis selon les difficultés observées et les préconisations éventuelles des professionnels.
3. Fractionner les tâches
Un travail long peut devenir particulièrement fatigant lorsqu’il demande de maintenir son attention pendant une période importante.
Plutôt que de demander de terminer toute une fiche, on peut proposer une première partie, vérifier la compréhension, puis poursuivre.
Des pauses peuvent être prévues lorsque cela est nécessaire.
L’important est d’adapter le rythme sans perdre de vue les objectifs d’apprentissage.
4. Aider l’enfant à s’organiser
Un emploi du temps visible, une liste de matériel ou quelques étapes à cocher peuvent aider certains enfants à mieux anticiper leur travail.
Pour un élève qui oublie régulièrement ses affaires, on peut par exemple préparer avec lui une courte liste à vérifier avant chaque cours.
Ces outils doivent rester simples.
Un planning trop détaillé, avec de nombreuses couleurs et des informations partout, peut parfois compliquer davantage l’organisation.
5. Reconnaître les efforts sans ignorer les difficultés
Un enfant qui fournit beaucoup d’efforts sans parvenir au résultat attendu peut progressivement se décourager.
Il est donc important de lui montrer les progrès réalisés, même lorsqu’ils ne se traduisent pas immédiatement par une meilleure note.
Cela n’empêche pas de reprendre ses erreurs et de maintenir des exigences adaptées.
La bienveillance ne consiste pas à supprimer toute difficulté. Elle consiste à accompagner l’enfant pour qu’il puisse apprendre dans des conditions qui tiennent compte de ses besoins.
À l’école : que sont le PAP et le PPS ?
En France, plusieurs dispositifs permettent d’organiser l’accompagnement des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers.
Le PAP : plan d’accompagnement personnalisé
Le PAP concerne les élèves présentant des difficultés scolaires durables liées à des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, établis sur avis médical.
Il permet de formaliser les adaptations pédagogiques nécessaires.
Selon les besoins, il peut notamment prévoir des supports adaptés, des aménagements du travail demandé ou des modalités d’évaluation particulières.
Le PPS : projet personnalisé de scolarisation
Le PPS concerne les élèves dont la situation de handicap nécessite des mesures de compensation décidées dans le cadre d’une démarche auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Il peut notamment prévoir du matériel pédagogique adapté, des aménagements de scolarité ou une aide humaine, selon la décision prise.
D’autres dispositifs, comme le PPRE ou le PAI, peuvent également répondre à certaines situations.
Il ne faut donc pas chercher à choisir seul un dispositif à partir du nom d’un trouble. Le choix dépend des besoins de l’élève et des démarches prévues par les textes.
Pour commencer, les familles peuvent échanger avec l’enseignant, le professeur principal ou la direction de l’établissement.
Brevet et baccalauréat : quels aménagements sont possibles ?
Les élèves concernés peuvent, selon leur situation, demander des aménagements pour leurs examens.
Ils peuvent notamment porter sur :
- un temps supplémentaire ;
- l’utilisation d’un matériel informatique autorisé ;
- une aide humaine ;
- des sujets ou des conditions de passation adaptés.
Ces mesures ne sont pas accordées automatiquement du seul fait d’un diagnostic ou de l’existence d’un PAP.
Une demande doit être effectuée selon les procédures officielles et les délais prévus.
Il est recommandé d’engager les démarches suffisamment tôt, notamment dès la quatrième pour le Brevet et dès la seconde pour le Baccalauréat.
Le collège ou le lycée peut orienter les familles vers les formulaires et les services compétents.
Un candidat libre peut-il bénéficier d’aménagements aux examens ?
Oui. Un élève qui présente un trouble DYS, un TDAH ou une autre situation ouvrant droit à des aménagements peut également en faire la demande lorsqu’il passe son examen en candidat libre.
Le fait de ne pas être scolarisé dans un établissement classique ne supprime pas cette possibilité.
La démarche est cependant différente : les candidats individuels relèvent de la procédure complète de demande d’aménagements.
La famille doit constituer le dossier nécessaire et fournir les justificatifs demandés, selon la procédure académique en vigueur.
Il est important d’anticiper cette démarche et de ne pas attendre les dernières semaines précédant l’examen.
Les aménagements accordés dépendent des besoins reconnus du candidat et de la décision de l’autorité compétente.
Quel est le rôle d’un enseignant de soutien scolaire ?
Un professeur particulier ne remplace ni un orthophoniste, ni un ergothérapeute, ni un professionnel de santé.
Son rôle reste pédagogique.
Il peut toutefois agir sur plusieurs aspects du travail scolaire :
- expliquer autrement une notion mal comprise ;
- présenter les exercices de manière plus progressive ;
- adapter la longueur et la présentation des consignes ;
- aider l’élève à mieux organiser ses apprentissages ;
- revenir régulièrement sur les connaissances qui restent fragiles.
Prenons un exemple en mathématiques.
Un élève peut connaître la méthode de résolution d’un problème, mais se perdre lorsqu’il doit effectuer plusieurs calculs successifs.
L’enseignant peut alors l’aider à repérer les données, à identifier les étapes du raisonnement et à vérifier séparément chaque calcul.
Ces adaptations doivent être réévaluées selon la réaction et les progrès de l’élève. Elles ne constituent pas une méthode universelle.
Faire travailler ensemble la famille, l’école et les professionnels
Lorsqu’un enfant bénéficie déjà d’adaptations scolaires, il est utile que les différents adultes qui l’accompagnent puissent échanger, dans le respect des informations que la famille souhaite partager.
Le professeur de soutien peut ainsi tenir compte des aménagements prévus et éviter de proposer des méthodes incompatibles avec les besoins identifiés.
Chez Taalim, nous accordons une attention particulière aux besoins éducatifs des élèves.
Selon le profil de l’enfant et les possibilités pédagogiques de l’enseignant, des adaptations peuvent être envisagées dans le cadre d’un accompagnement individuel en ligne.
Notre rôle est d’aider l’élève à progresser dans ses apprentissages, en complément du travail réalisé par sa famille, son établissement et, lorsque cela est nécessaire, les professionnels qui le suivent.
Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne remplace pas une consultation médicale ni une évaluation spécialisée.
Références : ministère de l’Éducation nationale, informations sur l’école inclusive, le PAP, le PPS et les aménagements d’examens ; Haute Autorité de santé, recommandations relatives au TDAH chez l’enfant et l’adolescent.
